17 avril 2008
C'est grave docteur ?
Lors de mon dernier retour dans la maison famillilale, j'ai dû procéder à un au revoir de circonstances bien douloureux puisque mes parents ont décidé de vendre la maison où j'ai grandi. C'est triste, mais c'est la vie... Etant parvenue à faire mon deuil de cette perte du patrimoine familialle, j'ai donc été visité la nouvelle avant-dernière demeure de mes parents (un peu d'humour noire n'a jamais fait de mal à personne) lors de ce pélérinage pascal.
Je me suis donc exclamée à force de Ohhhhhhhh ! Ahhhhhhh ! de dire combien ce petit clapier à lapins dans laquelle il va falloir faire tenir les 13 personnes que nous sommes dans ma famille pour Noël était formidable pour aider maman en panne d'arguments face à papa qui, tel un adolesecent atteint du syndrome de progéria, - les boutons en moins donc mais les cheveux blancs en plus - n'a de cesse de chaffouiner : "Il n'y a pas de rangement, c'est trop petit, c'est pas bien orienté..." Ma mère m'ayant finalement soufflé dans l'oreille que le principal problème résidait dans le fait que vivre en lotissement interdit qui que ce soit de pisser dans le jardin... Effectivement, je comprend sa détresse... Et la joie de maman de se dire qu'elle n'aura plus à attendre les 3 minutes réglementaires avant qu'il prenne le volant pour aller où que ce soit...
Bref, ce petit voyage m'a replongé dans le bonheur que d'être en famille : c'est-à-dire que c'est bien pour une durée limitée, mais aussi m'a fait retrouvé la douceur du vocabulaire familiale en la personne de ma maman dont la source me semble décidément intarissable. Le pire étant que la majorité de ces mots m'étant familier - je les entend depuis mon enfance - j'ai besoin de vérifier leur non-existence pour pouvoir ainsi justifier leur présence en ces (non)-lieux. Ainsi, bien que loin du continent, en personne über-tendance que je suis, je dis que mon père chaffouine... Pour ma mère, il roince : ce qui, il faut le dire, en terme sonore est assez proche des bruits émis par la personne mentionnée ci-dessus.
Autre fait intéressant, en dehors de ces nouvelles vocabulairiennes, j'ai découvert que le roinceur en question en la personne de mon père, était victime de crises d'angoisse se manifestant par des insomnies assez violentes etc etc. Ce dont je suis moi-même victime à mes heures (j'ai pas l'air comme ça je sais...)... Il est donc rassurant de confimer une fois de plus que je ne suis pas la fille du facteur... Mais il est d'autant plus rassurant je dirais de voir que lorsque je mentionne que j'en ai eu aussi... Tout le monde s'en fout... Il est rassurant donc de constater qu'à mesure que mon vocabulaire s'élargit ,le champ d'écoute décroit... Il est des choses qui ne sont pas faites pour changer, mais comme on dit, ça donne de repères dans la vie. Et la preuve en est que des repères peuvent être quelque chose de beaucoup plus abstrait qu'un tas de cailloux formant une maison...
« La famille des autres, c’est presque toujours amusant. Le problème,
c’est la nôtre. » - Judith Messier
11 avril 2008
The Office
Dans
le registre des trucs bizarres qui se passent sur mon île, un sujet sur lequel
je voulais revenir aujourd'hui : Le sport. D'autant que la flamme olympique
faisant sa petite tournée, cela me semble pour le moins circonstanciel...
Mais
ne nous emportons pas encore... Je ne vais pas parler de cricket (j'attends le
début de la saison...Résidant à côté du plus grand stade de cricket du
Royaume-Uni, croyez bien que je serai la première informée... ;)
Bref,
les brits comptant leurs médailles aussi sûrement qu'Arpagon ses pièces d'or,
une nouvelle coutume insulaire m'a été récemment révélée : courir et se faire
sponsoriser pour des "charity". (moi aussi je cherche la logique) En
solo ou en équipe, il ne se passe pas une semaine sans qu'un ami se rappelle à
mon bon souvenir et fasse appel à ma bonne conscience et surtout à mon
porte-monnaie, en me demandant de donner du pognon à une organisation quelconque
pour laquelle il/elle a décidé de se mettre à bout de souffle...
Que
l'on ne se méprenne pas sur la question, donner des sous ne me pose aucun
problème, surtout si cela peut réduire la supplice de mon ami(e) en détresse en
le/la faisant courir plus vite (si j'ai bien compris à quoi servait ma tune). Personnellement,
si une organisation quelconque finançait la recherche pour soigner la connerie,
croyez bien que je courrai 3 marathons d'affilé sans problème... (En parlant de
marathon, c'est celui de Londres demain). En tous les cas, je préférais
largement le grand National la semaine dernière : parier sur des chevaux, c'est
bien plus rigolo :)
Le
problème et intérêt de ce post d'ailleurs est que récemment, une de mes
collègues n'a rien trouvé de mieux à faire que de vouloir participer à ce que
je qualifierai de "coursinette" de 5 km... Et qu'elle a bien sûr
décider de faire participer tout le bureau... Je considérais bêtement au départ
que l'on courrait surtout pour se détendre… C’était sans compter sur l'esprit
de compétition oh combien développé de mes collègues masculins (qui ne sont que
3 soit dit en passant), dont mon boss qui a décidé que j'étais THE personne à
battre.
Puisque
tout le bureau n'ignore pas que je cours tous les week-ends depuis quelques
années maintenant afin de cracher un peu mes cigarettes... Je suis devenue bien
sûr la personne toute indiquée pour ce genre de compétition ridicule.
Le
pire étant que je ne peux prétendre courir vite - mes résultats cuisants au bac
ont prouvés que je tirais en plus de ma carcasse au moins deux charrettes et
trois semi-remorques derrière moi tellement je suis lente - mais je cours
longtemps (comme le lapin Duracel, mais sans le tambour et sans le pompon dans
le cul non plus d'ailleurs...). En tous les cas, cela fait une semaine que des
emails de groupe circulent dans le bureau pour que tout le monde s'inscrive à
ce qui va être - à mon sens - rien de plus qu'un joli défilé de mode (que
personne ne se méprenne, j'adore mes collègues, surtout lorsque la seule grande
parole échangée de la semaine s'arrête à : "j'adooooooooooooore tes
chaussures !")
Encore
une fois, je n'ai rien contre le principe mais je dois dire que de voir les
regards se tourner vers notre bureau (entre francophones, on est solidaire, pas
l'un d'entre nous ne s'est corrompu) dès que l'un des félons annonce avoir sign
up, commence à devenir franchement irritant... Je nommerai d'ailleurs cette
activité d'harcèlement sportif... Parce que je ne vois pas pourquoi je devrais
justifier le fait que de passer un dimanche avec mes collègues ne me fasse pas
sauter de joie... Parce que oui, il s'agit d'un dimanche, et tôt le matin en
plus... Et dans un pays où il est normal d'avoir que 17 jours de congés par an
sans RTT, c'est un petit peu pousser mémé que de me demander de passer le
week-end avec des gens que je vois déjà toute la semaine... A ce rythme là, je préférai
encore tomber dans un ravin... Ou me casser une jambe... Enfin un truc
impliquant une chute pour me permettre -je sais, elle est facile- de mettre fin
à cette course et ce post en même temps :)
"Si les Anglais ont inventé beaucoup de sports, c’est que, dès qu’ils se
sentent dépassés dans l’un d’eux par une nation étrangère, ils en inventent un
autre."