11 décembre 2009
Grand départ
Je n'annonce pas par ce titre évocateur la possibilité d'un départ de la blogosphère, mais veux simplement faire état d'un petit changement dans ma vie perso (et oui, j'en ai une) qui peut expliquer mon silence de ces derniers mois : j'ai changé (encore me direz-vous) de pays, je suis partie m'installer à New York.
Dans un ancien post, dans lequel j'avais expliqué la naissance du terme sipette, j'avais également fait part de manière brève de cette première découverte en terre américaine et j'ai fini par franchir le pas et surtout traverser l'océan. A partir de cette date et de l'année qui s'annonce, les néo-blogismes se mangeront à la sauce américaine avec un soupçon de wassup mais toujours une poignée de gros sel de Guérande (pourquoi renier ses origines ?)...
Sur ce, je cours honorer de ma présence la dinde de maman et vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année (point de Krismas party à relater cette année) et vous promet également qu'une bonne résolution 2010 sera de bloguer plus souvent mes aventures américano-linguistiques.
"Les départs ne comptent pas, seuls les retours méritent une larme." - Christian Mistral
27 juillet 2009
Fashion victim
En tous les cas, gros choc durant ce dernier voyage au pays d'Astérix (juin dernier), puisque j'ai vu dans la presse hexagonale que le Petit Nicolas avait décidé de lancer une commission d’enquête sur le port de la burqa et du niqab. J’ignore si c'est le fait d’être marié à une ancienne icone de mode qui a pu rendre notre président aussi soucieux de l'apparence de certaines de ces citoyennes, n'empêche que je dois dire : Shocking! Je ne pense pas en étonner beaucoup si je soupçonne Monsieur N. d'être un peu trop à droite de la droite, mais de là à interdire - dans un pays qui se fait chantre de la Liberté, Egalité, Fraternité - un code vestimentaire, sous prétexte qu'il ne correspond pas aux valeurs plus chrétiennes que laïques de notre pays me laisse un peu perplexe.
Puisque en dehors de l’absence de tolérance émanant d'une telle loi (même si elle n'est pas encore passée), pas besoin de sortir de l'ETNA ou de St-Cyr pour savoir qu'un certain groupe d’extrémistes n'hésitera pas à mettre "Paris sous les bombes" pour ne serait-ce qu'y avoir pensé...
Loin de moi l’idée de cautionner des actes d’un tel barbarisme qui consiste à tuer des innocents pour des questions religieuses autant que politiques d’ailleurs, puisque je considère que rien de pire n’a été inventé depuis la bombe H que ce type de chantage. En tant que femme, j’avouerai ne pas me sentir particulièrement encline à adhérer au port de n’importe quelle tenue sous couvert de religiosité – mais après tout, c’est à chacune de décider et d’agir selon son bon droit.
Mais au vu du climat économique précaire actuellement, lancer un débat sur une question religieuse n’est pas sans me rappeler un certain Monsieur H. en 1933… Et faire semblant de donner le change en parlant d’un sujet qui n’en finira pas de diviser les français au lieu de faire face à la réalité d’une économie en perdition me semble également un peu facile – d’autant que la France semblait avoir récemment trouvé un équilibre après la polémique sur le voile dans les administrations publiques.
De l’autre côté de la Manche – et avec le souvenir douloureux des attentats du 7 juillet 2005 encore très présent– l’analyse est claire comme de l’eau : on fournit de l’eau au moulin des fondamentalistes musulmans pour qu’ils puissent trouver un nouveau terrain de jeu en terre parisienne et venir y poser des bombes. En clair, cette proposition est de la provocation pure et simple. Si encore une fois – je me répète – je ne cautionne pas ce type de chantage, je me demande alors à quoi joue le Petit Nicolas :
- Veut-il effectivement se poser en grand sauveur de la patrie et asseoir son pouvoir sur le long terme en sortant la France d’un traumatisme tel que des attentats ? (Il ne serait pas le premier !)
- Veut-il faire passer des lois économiques drastiques et pense que ça marchera si tout le monde s’enflamme pour ou contre la burqa et en oublie le reste ?
- Veut-il simplement s’assurer le vote de son électorat fasciste ?
Dans tous les cas, je me demande bien où se trouve l’intérêt des français dans tout ça… Et il me semble que risquer la vie des parisiens qui ne devraient pas tarder à trouver des bombes dans le métro pour satisfaire les plans de carrière ou la mégalomanie d’un Président souffrant d’un complexe de taille, me semble un peu léger. Puisque pour autant que je sache, seule une minorité de femmes de confession musulmane porte la burqa et, elles ne font de mal à personne… Et quand on a épousé une ancienne top modèle qui a fait de son corps, un outil de travail, je ne crois pas que l’on soit le mieux placer pour parler de codes vestimentaires…

" Ceux qui font de leurs vêtements l'essentiel de leur personnalité finissent en général par ne valoir guère mieux qu'eux." - William Hazlitt
11 juin 2009
Conjugaison
Train de vie a failli voir une saison 4, puisque comme à presque tous les coups à la veille de mon départ en vacances en Italie (quand je vais autre part, tout va bien), il y a grève des métros à Londinium - ce qui en clair signifie : une heure et demie de voyage au lieu de 45 minutes... Mais point de polémique et parlons de choses plus positives !
A la veille de mon départ en vacances donc (je ne me lasse pas de le dire), il est ma foi fort agréable de pouvoir chercher sur le merveilleux instrument qu'est Google le lieu de ses vacances et grâce à la précision des dernières versions de Google Map, de pouvoir même visualier la façade de la maison ou de l'hôtel que l'on a réservé, avec plan détaillé de la rue s'il-vous-plaît ! Agréable en effet, surtout lorsque l'on glande au bureau (récession oblige). Je ne pense pas être la seule à m'être aperçue que si jamais il me venait l'idée saugrenue d'avoir des enfants un jour, ils me demanderont certainement comment on pouvait vivre sans Internet, sans télécommande pour la télé et comment surtout on pouvait organiser des vacances sans Google Map... (cette date correspondra sans aucun doute au plus grand coup derrière la tête de ma vie. J'anticipe, je sais... Mais c'est décidé, je n'aurai pas d'enfants !)
Quand je repense aux vacances de mon enfance : mes soeurs et moi entassées dans la vieille Horizon des mes parents avec la caravane bien sûr, entre la langue pendante du chien, les coliques du chat, la boîte de Benco, le cake aux pruneaux et aucun autre instrument directionnel que la page de carnet avec l'itinéraire de Papa scotchée sur le tableau de bord et la carte Michelin entre les mains de Maman - prômue au rang de co-pilote en dépit du fait qu'elle pouvait perdre sa bagnole sur le parking de Leclerc... Sans tomber dans la nostalgie, on peut dire que les vacances chez les D. avait un pur goût de Rock n'roll (même après que Papa ait décrété que les cassettes de David Bowie n'approcheraient plus l'auto-radio à moins de deux mètres - puisque mon pilote de Papa n'aimait pas qu'on baragouine en anglais dans le poste... Si il avait sû à l'époque que sa dernière allait finir chez les Rosbeef !). J'avoue en garder un excellent souvenir et encore admirer mes parents pour leur bravoure.
Puisqu'il était donc à l'époque exclus de "Googler" quoi que ce soit sur la destination, aussi se rendait-on sur les lieux de villégiature dûment repérés sur les brochures prêtées par les voisins, la fleur au fusil (et c'était parfois au propre autant qu'au figuré après 12 heures de Balavoine en boucle - il nous arrivait souvent d'oublier d'emmener plusieurs cassettes de rechange)... C'est certainement pour ça qu'au final, il nous est arrivé plus d'une fois de passer des vacances mémorables - et pas parce que le soleil était au rendez-vous ou que l'on avait rencontré des gens sympa... Je dirai même que c'était plutôt le contraire... Ce sont souvent les vacances les plus pourries qu'on se remémore avec le plus d'hilarité aujourd'hui - même si ces vacances remontent à plus de 20 ans (aïe !).
Bref, pour en revenir à ce joli verbe de "Googler" (à quand un "Google-maper" ?), force est de constater qu'il nous offre la possibilité d'exprimer la prévision maniaque et à la seconde près ce que l'on va faire de son temps à un moment de l'année où ce dernier ne devrait plus compter... Et pour moi la première. Tous les outils nous sont offerts pour passer des vacances inoubliables et surtout sans accrocs. (Ceci dit, j'arrive encore à me faire des frayeurs en me faisant piquer par un frelon sur les versants de l'Etna - résultat : piqûre à la cortisone et 24 heures de sommeil d'affilé ! Vive les vacances !). Mais comme tout nouveau verbe qui se respecte, mon esprit tordu ne peut s'empêcher de questionner sa pérennité (je pense que celui sus-cité a de beaux jours devant lui) et surtout son emploi conjugué... En particulier pour la forme fascinante que constitue le subjonctif passé deuxième forme (aussi appelé subjonctif imparfait) que tous les étrangers nous envient...
" Il eût fally Simon-Charles que je googlâsse notre destination avant notre départ...
- Que vous googlâtes ? Mais bien évidemment très chère !"

* Et alors que je m'impatiente de quitter mes pénates pour des vacances au soleil, une photo de ma maison... Et oui, les joies de GoogleMap !
" Etre en vacances c'est n'avoir rien à faire et avoir toute la journée pour le faire. " - Robert Orben
02 mars 2009
Train de vie - saison 3
Après moultes plaintes sur les trains en tout genre et en particulier ceux de mon ïle (qu'on ne se méprenne pas, c'est pour prouver que je suis française que je râle tout le temps, même après 4 ans à Londres), j'ai découvert récemment la nouvelle campagne de pub pour Eurostar. Loin de moi l'idée de faire du prosélytisme, je dois tout de même avouer que des deux côtés de la Manche, à défault de pouvoir se fier à ses trains, on peut faire confiance à l'imagination des créatifs en charge d'Eurostar. Le plus intéressant sur le sujet est qu'au lieu de développer des campagnes similaires pour les deux pays, ce qui leur coûterait moins cher mais serait aussi bien basique et dénué d'intérêt, la dite-marque fait l'effort de développer des concepts différents dans les deux pays, entretenant la vieille rivalité franco-britannique avec un ton franchement décalé, et servant à la sauce aigre-douce les clichés et autres a priori que chacune des deux nations entretient sur l'autre. Puisqu'après tout, qui mieux qu'un britannique peut se moquer d'un français ? Et vice-versa.








" La publicité c'est la science de stopper l'intelligence humaine assez longtemps pour lui soutirer de l'argent. " - Stephen Leacock
02 février 2009
Train de vie - saison 2
En ce début du mois de février, London fût sous la neige... C'était blanc, c'était beau (je vous laisse penser à la suite mais je ne le dirai pas !)... Enneigé quoi. Cela m'a fait comprendre aussi pourquoi il est possible de vivre dans les contrées du Grand Nord où le soleil ne pointe son nez que quelques heures par jour... La blanche-neige reflète en effet tellement la lumière qu'en dépit d'un ciel engrisaillé de nuages porteurs de flocons, on ne se sent pas fait comme un rat entre la brume et la mauvaise humeur ambiante.
Comme expliqué dans le post précédent, les lignes de métro et train londoniens sont loin d'être fiables, mais je dois avouer que pour le coup, cela m'a bien arrangé : deux flocons égarés sur les rails et le réseau s'en est trouvé amputé de la moitié de ses lignes... Ce qui explique mon activité buissonnière de ce lundi. Dans le parc, oui madame, où je me suis arrêtée regarder les gens se lancer des boules de neige de toutes les tailles et de tous les âges. Puisque ça sert à ça, la neige : à jouer comme des gamins, à faire des batailles et des parcours de dinosaures (spéciale dédicace pour François qui ne connaissait pas le concept).
En tous les cas, dans la langue de Shakespeare, pas d'expression sympathique telle que celle - pour le moins crapuleuse - de faire l'école des buissons... Mais des expressions presque violentes, notamment " play truant ". C'est peut être pour cette raison que les britanniques ont autant de mal à faire grève ou à manquer le boulot en général... Lorsque l'expression pour signifier manquer à son devoir de travailleur acharné implique que l'on se transforme en gangster... Oh well...
" La neige possède ce secret de rendre au coeur en un souffle la joie naïve que les années lui ont impitoyablement arrachée. " - Antonine Maillet
