10 juillet 2008
Page de réclames
En me relisant (comme tout le monde aura remarqué, je me relis souvent et n'écris pas si souvent... Je devrais arrêter de me relire je sais), j'ai vu avoir mentionné les concerts pour lesquels j'avais des tickets l'année passée et ne vous ai même pas parlé des dits-concerts...
Et puisque je ne suis pas avare des racontages de vie, je vais même en rajouter...
Tout d'abord, j'ai eu l'honneur de voir Sébastien Tellier qui avait eu la bonne idée de choisir mon île pour ses premières expérimentations scéniques, quelques jours avant la sortie de son dernier album (c'était donc en février). Et en fait d'expérimentations, c'était en effet, TRES expérimental : tout en barbe folle et déhanché branché, il était tout en cheveux et bizarreries, pour une performance des plus drôlement hot qu'il m'ait été donnée de voir... Et à haute teneur en improvisation des deux parts. Puisque l'album n'étant pas encore sorti, personne dans la salle ne connaissait encore la teneur de ce nouvel opus si ce n'est son titre sans équivoque "Sexuality" qui en plus de donner envie de lascivement bouger son corps, transmettait aussi une violente envie de subrepticement passer sa main dans la culotte de son voisin... (même si mon éducation judéo-chrétienne m'en a empêché, j'avoue y avoir pensé)... Seb c'était bien donc, sans regret !
Puis vint la folie Björkesque en avril. Petit totem gesticulaire à la voix juvénile malgré sa quarantaine passée, un spectable époustouflant et jubilatoire aux couleurs du dernier album. Une variation au clavecin sur Vokuro du très bel album Medulla et j'ai bien cru transformer en 5 secondes le bel Hammessmith Apollo en piscine géante... Des lumières à tomber et des invités comme si il en pleuvait. C'était beau, c'était bien, c'était Björk.
Plus récemment, l'homme de ma vie (je ne le dirai jamais assez) et ses joyeux compagnons ont fait grâce de leur présence le superbe parc de Victoria. Malgré la déception d'avoir raté Bat For Lashes pour cause d'avion en retard, j'avoue ne pas me rappeler la dernière fois que je me suis trouvée dans un tel état d'excitation (peut être le dernier Noël où je croyais encore au bonhomme en rouge... J'avais 5 ans...). Beaucoup de chansons du dernier album, ponctuée par de plus anciennes qui ont permis au public de "sing along" et croyez-moi, entendre 20 000 personnes (je ne suis pas certaine du chiffre et ne compter pas sur moi pour chercher) chanter Karma Police, ça vaut son pesant de cacahuètes. Et surtout de frissons le long de la colonne. All I Need m'a vu versé ma petite larme règlementaire (je vais arrêter de mentionner ce genre de détail sinon tout le monde va croire que je passe mon temps à chouiner pendant les concerts...) et les lumières s'allumant au fur et à mesure que la nuit tombait n'a fait que rajouter à la magie du moment... Comme à s'en douter, je n'avais d'yeux que pour Thom tandis que l'une des femmes de ma vie à mes côtés est tombée pour Johnny Greenwood... On était donc bien synchro. Bref, en résumé, en conclusion : Radiohead, c'était trop d'la bomb' de balle.
Enfin et pour faire genre : je vais aussi voir des groupes obscures (ou presque), j'ai récemment pu découvrir sur scène un petit groupe de pop électro anglaise qui, je dois bien l'avouer, dépote grave sa race. Vêtus de T-shirts à bulles lumineuses (il faut le voir, c'est trop compliqué à expliquer), leur (trop) court set au Barfly de Camden transmettait simplement une banane à ne plus savoir quoi en faire, si ce n'est la passer à son voisin (qui en avait déjà une lui aussi... Dammit !). Bref, alternant entre pop et électro au fil des mots, on ne se lassait pas de l'enchaînement de ces histoires avec et sans paroles. En tous les cas, ils s'appellent Metronomy et si il y a des parisiens dans la salle, ils passent demain dans votre capitale dans un endroit que je n'ai toujours pas réussi à déterminer plus précisement. Plus d'infos ici en tous les cas (comment que je pourrais trop faire PR moi des fois :)
"La musique, c'est du bruit qui pense." - Victor Hugo
01 juillet 2008
Ma que Calor !
En ce jour de chaleur bien opportun (on est quand même le premier juillet, que diable !), un phénomène bien amusant refait surface dans tous nos pays-tellement-riche-qu'on-ne-sait-plus-quoi-faire-de-notre-tune-pour-améliorer-notre-confort...
On ne peut pas dire que des foudres caniculaires se soient abattues sur les îles britanniques ces 3 dernières années, puisque je suis même en mesure de vous faire un compte-rendu détaillé des jours de beau temps de l'année dernière d'avril à octobre (m'envoyer une missive si vous souhaitez plus de détails). Bref, les jours de beau temps agrémentés de températures supérieures à 25 degrés celsius sont rares en nos contrées.
Et aujourd'hui, pour une fois que cela nous arrive (oh miracle !), en sachant que la BBC nous annonce des pluies diluviennes toute la journée de demain (et que, pour ce qui est de la pluie, la BBC se plante rarement), que l'on aille dans une salle de cinéma, un magasin ou que l'on soit gentillement coincé dans un bureau mansardé, on a toujours le bonheur de se trouver à côté d'un bon britannique au système immunitaire bizarrement développé, (les anglaises sont les seules femmes du globe à pouvoir se balader par zéro degré en mini-jupe, sans collants, ni jambes bleues, et surtout sans attraper de rhume) pour trouver qu'il fait bien trop chaud (25 degrés, c'est vrai qu'on va tous mourir) et mettre la clim' à fond. J'ignore si il s'agit vraiment d'un sentiment de chaleur extrême ou simplement un besoin d'amortir le prix de la-dite clim', dont on n'a au passage jamais vraiment eu besoin à mon avis. La clim' à Londres, c'est un peu comme se faire creuser une piscine au Cap-Nord... C'est tout simplement inutile puisqu'on ne s'en sert que 3 fois par an. En tous les cas, nous voici à la limite d'attraper une bonne crève et tout le monde sait combien il est agréable d'avoir la goutte au nez en été (si tant est qu'il arrive - l'été, pour ceux qui suivent pas).
Puisqu'en parrallèle à cette expérience intéressante et surtout internationale (pour avoir vécu en Bretagne, j'ai déjà vu des bretons s'insurger contre une clim' qui ne fonctionnait pas, si, si), je suis rentrée la semaine dernière de jolies vacances en Italie et arrivée à Londres, sous prétexte qu'il ne pleuvait pas en dépit de nuages bien gris et de température arrivant péniblement à 15 degrés, tout le monde m'a dit lors de ma dépression post-vacancières, que je ne devrais pas me plaindre puisque, pour Londres, "le temps n'était pas si mauvais"...
" - Brestampe ! me suis-je dit... Ces gens-là n'ont-ils aucune idée de ce que signifie le terme "beau temps"... ?" (je ne suis pas l'auteure de ce terme et ne pense pas que cela ait quoi que ce soit à voir avec la ville de Brest)...
Je n'épiloguerai pas sur cette réponse qui à mon sens ne résume que trop bien ce que certains appellent "le flegme" britannique, qui n'est à mon sens qu'une désespérante résignation...
En attendant, bon vent à vous... :)
" La pluie tombe comme nous tombons amoureux : en déjouant les prévisions. " - Martin Page
17 avril 2008
C'est grave docteur ?
Lors de mon dernier retour dans la maison famillilale, j'ai dû procéder à un au revoir de circonstances bien douloureux puisque mes parents ont décidé de vendre la maison où j'ai grandi. C'est triste, mais c'est la vie... Etant parvenue à faire mon deuil de cette perte du patrimoine familialle, j'ai donc été visité la nouvelle avant-dernière demeure de mes parents (un peu d'humour noire n'a jamais fait de mal à personne) lors de ce pélérinage pascal.
Je me suis donc exclamée à force de Ohhhhhhhh ! Ahhhhhhh ! de dire combien ce petit clapier à lapins dans laquelle il va falloir faire tenir les 13 personnes que nous sommes dans ma famille pour Noël était formidable pour aider maman en panne d'arguments face à papa qui, tel un adolesecent atteint du syndrome de progéria, - les boutons en moins donc mais les cheveux blancs en plus - n'a de cesse de chaffouiner : "Il n'y a pas de rangement, c'est trop petit, c'est pas bien orienté..." Ma mère m'ayant finalement soufflé dans l'oreille que le principal problème résidait dans le fait que vivre en lotissement interdit qui que ce soit de pisser dans le jardin... Effectivement, je comprend sa détresse... Et la joie de maman de se dire qu'elle n'aura plus à attendre les 3 minutes réglementaires avant qu'il prenne le volant pour aller où que ce soit...
Bref, ce petit voyage m'a replongé dans le bonheur que d'être en famille : c'est-à-dire que c'est bien pour une durée limitée, mais aussi m'a fait retrouvé la douceur du vocabulaire familiale en la personne de ma maman dont la source me semble décidément intarissable. Le pire étant que la majorité de ces mots m'étant familier - je les entend depuis mon enfance - j'ai besoin de vérifier leur non-existence pour pouvoir ainsi justifier leur présence en ces (non)-lieux. Ainsi, bien que loin du continent, en personne über-tendance que je suis, je dis que mon père chaffouine... Pour ma mère, il roince : ce qui, il faut le dire, en terme sonore est assez proche des bruits émis par la personne mentionnée ci-dessus.
Autre fait intéressant, en dehors de ces nouvelles vocabulairiennes, j'ai découvert que le roinceur en question en la personne de mon père, était victime de crises d'angoisse se manifestant par des insomnies assez violentes etc etc. Ce dont je suis moi-même victime à mes heures (j'ai pas l'air comme ça je sais...)... Il est donc rassurant de confimer une fois de plus que je ne suis pas la fille du facteur... Mais il est d'autant plus rassurant je dirais de voir que lorsque je mentionne que j'en ai eu aussi... Tout le monde s'en fout... Il est rassurant donc de constater qu'à mesure que mon vocabulaire s'élargit ,le champ d'écoute décroit... Il est des choses qui ne sont pas faites pour changer, mais comme on dit, ça donne de repères dans la vie. Et la preuve en est que des repères peuvent être quelque chose de beaucoup plus abstrait qu'un tas de cailloux formant une maison...
« La famille des autres, c’est Presque toujours amusant. Le problème,
c’est la nôtre. » - Judith Messier
11 avril 2008
The Office
Dans
le registre des trucs bizarres qui se passent sur mon île, un sujet sur lequel
je voulais revenir aujourd'hui : Le sport. D'autant que la flamme olympique
faisant sa petite tournée, cela me semble pour le moins circonstanciel...
Mais
ne nous emportons pas encore... Je ne vais pas parler de cricket (j'attends le
début de la saison...Résidant à côté du plus grand stade de cricket du
Royaume-Uni, croyez bien que je serai la première informée... ;)
Bref,
les brits comptant leurs médailles aussi sûrement qu'Arpagon ses pièces d'or,
une nouvelle coutume insulaire m'a été récemment révélée : courir et se faire
sponsoriser pour des "charity". (moi aussi je cherche la logique) En
solo ou en équipe, il ne se passe pas une semaine sans qu'un ami se rappelle à
mon bon souvenir et fasse appel à ma bonne conscience et surtout à mon
porte-monnaie, en me demandant de donner du pognon à une organisation quelconque
pour laquelle il/elle a décidé de se mettre à bout de souffle...
Que
l'on ne se méprenne pas sur la question, donner des sous ne me pose aucun
problème, surtout si cela peut réduire la supplice de mon ami(e) en détresse en
le/la faisant courir plus vite (si j'ai bien compris à quoi servait ma tune). Personnellement,
si une organisation quelconque finançait la recherche pour soigner la connerie,
croyez bien que je courrai 3 marathons d'affilé sans problème... (En parlant de
marathon, c'est celui de Londres demain). En tous les cas, je préférais
largement le grand National la semaine dernière : parier sur des chevaux, c'est
bien plus rigolo :)
Le
problème et intérêt de ce post d'ailleurs est que récemment, une de mes
collègues n'a rien trouvé de mieux à faire que de vouloir participer à ce que
je qualifierai de "coursinette" de 5 km... Et qu'elle a bien sûr
décider de faire participer tout le bureau... Je considérais bêtement au départ
que l'on courrait surtout pour se détendre… C’était sans compter sur l'esprit
de compétition oh combien développé de mes collègues masculins (qui ne sont que
3 soit dit en passant), dont mon boss qui a décidé que j'étais THE personne à
battre.
Puisque
tout le bureau n'ignore pas que je cours tous les week-ends depuis quelques
années maintenant afin de cracher un peu mes cigarettes... Je suis devenue bien
sûr la personne toute indiquée pour ce genre de compétition ridicule.
Le
pire étant que je ne peux prétendre courir vite - mes résultats cuisants au bac
ont prouvés que je tirais en plus de ma carcasse au moins deux charrettes et
trois semi-remorques derrière moi tellement je suis lente - mais je cours
longtemps (comme le lapin Duracel, mais sans le tambour et sans le pompon dans
le cul non plus d'ailleurs...). En tous les cas, cela fait une semaine que des
emails de groupe circulent dans le bureau pour que tout le monde s'inscrive à
ce qui va être - à mon sens - rien de plus qu'un joli défilé de mode (que
personne ne se méprenne, j'adore mes collègues, surtout lorsque la seule grande
parole échangée de la semaine s'arrête à : "j'adooooooooooooore tes
chaussures !")
Encore
une fois, je n'ai rien contre le principe mais je dois dire que de voir les
regards se tourner vers notre bureau (entre francophones, on est solidaire, pas
l'un d'entre nous ne s'est corrompu) dès que l'un des félons annonce avoir sign
up, commence à devenir franchement irritant... Je nommerai d'ailleurs cette
activité d'harcèlement sportif... Parce que je ne vois pas pourquoi je devrais
justifier le fait que de passer un dimanche avec mes collègues ne me fasse pas
sauter de joie... Parce que oui, il s'agit d'un dimanche, et tôt le matin en
plus... Et dans un pays où il est normal d'avoir que 17 jours de congés par an
sans RTT, c'est un petit peu pousser mémé que de me demander de passer le
week-end avec des gens que je vois déjà toute la semaine... A ce rythme là, je préférai
encore tomber dans un ravin... Ou me casser une jambe... Enfin un truc
impliquant une chute pour me permettre -je sais, elle est facile- de mettre fin
à cette course et ce post en même temps :)
"Si les Anglais ont inventé beaucoup de sports, c’est que, dès qu’ils se
sentent dépassés dans l’un d’eux par une nation étrangère, ils en inventent un
autre."
11 mars 2008
Etats d'île
Il est des trucs comme ça sur mon île... Inexplicable... Je viens de fêter 3 ans passés ici et entame donc une quatrième année, et il est toujours un nombre incalculable de trucs que je ne peux pas comprendre chez mes chers Britons...
- Pourquoi ils ne connaissent les mitigeurs d'eau que dans les cuisines, ce qui fait que si l'on a la mauvaise idée de se laver les mains dans la salle de bain, soit on se brûle, soit on se gèle les mimines.
- Pourquoi une fois sur deux le ticket de métro ne fait pas s'ouvrir les battants de la machine correctement ce qui fait que, couper dans son élan, on se retrouve coincé entre les-dits battants de portes et Micheline qui arrive franc-à-bord (je viens de découvrir en écrivant ces lignes que cette expression n'existe pas) derrière, bien décidée à passer coûte que coûte.
- Pourquoi les films ne sont jamais diffusés avant 22h.
- Pourquoi une chasse d'eau ne se remplit jamais en moins de 10 minutes, ce qui fait que dans un pub, il faut étudier le bruit de la fille qui précède pour savoir si l'on devra, ou pas, s'excuser de ne pas avoir pu la tirer correctement en sortant.
- Pourquoi le métro pourtant si cher ne fonctionne jamais et que ça a l'air de n'étonner ou de saoûler personne à part moi.
- Pourquoi les anglais pensent que par défaut, toute boisson chaude se consomme avec du lait (ne jamais commander un café sans préciser noir, sinon vous aurez forcément du lait dedans...)
- Et surtout, comment font les Brit pour s'intéresser à un sport aussi éminement chiant que le cricket...
Voilà voilà, loin de moi l'idée de dire qu'en France, c'est mieux parce qu'en dépit de tous ces faits, il est pour moi hors de question de partir... Mais je pense qu'il était nécessaire de pouvoir dresser un état des lieux après autant de temps passé ici... Je reviendrai sur chacun de ces points dans des posts à venir, en attendant, je vous invite à me donner votre avis sur ces questions...

« Non seulement l’Angleterre, mais tout Anglais est une île. » - Novalis