11 juin 2009
Conjugaison
Train de vie a failli voir une saison 4, puisque comme à presque tous les coups à la veille de mon départ en vacances en Italie (quand je vais autre part, tout va bien), il y a grève des métros à Londinium - ce qui en clair signifie : une heure et demie de voyage au lieu de 45 minutes... Mais point de polémique et parlons de choses plus positives !
A la veille de mon départ en vacances donc (je ne me lasse pas de le dire), il est ma foi fort agréable de pouvoir chercher sur le merveilleux instrument qu'est Google le lieu de ses vacances et grâce à la précision des dernières versions de Google Map, de pouvoir même visualier la façade de la maison ou de l'hôtel que l'on a réservé, avec plan détaillé de la rue s'il-vous-plaît ! Agréable en effet, surtout lorsque l'on glande au bureau (récession oblige). Je ne pense pas être la seule à m'être aperçue que si jamais il me venait l'idée saugrenue d'avoir des enfants un jour, ils me demanderont certainement comment on pouvait vivre sans Internet, sans télécommande pour la télé et comment surtout on pouvait organiser des vacances sans Google Map... (cette date correspondra sans aucun doute au plus grand coup derrière la tête de ma vie. J'anticipe, je sais... Mais c'est décidé, je n'aurai pas d'enfants !)
Quand je repense aux vacances de mon enfance : mes soeurs et moi entassées dans la vieille Horizon des mes parents avec la caravane bien sûr, entre la langue pendante du chien, les coliques du chat, la boîte de Benco, le cake aux pruneaux et aucun autre instrument directionnel que la page de carnet avec l'itinéraire de Papa scotchée sur le tableau de bord et la carte Michelin entre les mains de Maman - prômue au rang de co-pilote en dépit du fait qu'elle pouvait perdre sa bagnole sur le parking de Leclerc... Sans tomber dans la nostalgie, on peut dire que les vacances chez les D. avait un pur goût de Rock n'roll (même après que Papa ait décrété que les cassettes de David Bowie n'approcheraient plus l'auto-radio à moins de deux mètres - puisque mon pilote de Papa n'aimait pas qu'on baragouine en anglais dans le poste... Si il avait sû à l'époque que sa dernière allait finir chez les Rosbeef !). J'avoue en garder un excellent souvenir et encore admirer mes parents pour leur bravoure.
Puisqu'il était donc à l'époque exclus de "Googler" quoi que ce soit sur la destination, aussi se rendait-on sur les lieux de villégiature dûment repérés sur les brochures prêtées par les voisins, la fleur au fusil (et c'était parfois au propre autant qu'au figuré après 12 heures de Balavoine en boucle - il nous arrivait souvent d'oublier d'emmener plusieurs cassettes de rechange)... C'est certainement pour ça qu'au final, il nous est arrivé plus d'une fois de passer des vacances mémorables - et pas parce que le soleil était au rendez-vous ou que l'on avait rencontré des gens sympa... Je dirai même que c'était plutôt le contraire... Ce sont souvent les vacances les plus pourries qu'on se remémore avec le plus d'hilarité aujourd'hui - même si ces vacances remontent à plus de 20 ans (aïe !).
Bref, pour en revenir à ce joli verbe de "Googler" (à quand un "Google-maper" ?), force est de constater qu'il nous offre la possibilité d'exprimer la prévision maniaque et à la seconde près ce que l'on va faire de son temps à un moment de l'année où ce dernier ne devrait plus compter... Et pour moi la première. Tous les outils nous sont offerts pour passer des vacances inoubliables et surtout sans accrocs. (Ceci dit, j'arrive encore à me faire des frayeurs en me faisant piquer par un frelon sur les versants de l'Etna - résultat : piqûre à la cortisone et 24 heures de sommeil d'affilé ! Vive les vacances !). Mais comme tout nouveau verbe qui se respecte, mon esprit tordu ne peut s'empêcher de questionner sa pérennité (je pense que celui sus-cité a de beaux jours devant lui) et surtout son emploi conjugué... En particulier pour la forme fascinante que constitue le subjonctif passé deuxième forme (aussi appelé subjonctif imparfait) que tous les étrangers nous envient...
" Il eût fally Simon-Charles que je googlâsse notre destination avant notre départ...
- Que vous googlâtes ? Mais bien évidemment très chère !"

* Et alors que je m'impatiente de quitter mes pénates pour des vacances au soleil, une photo de ma maison... Et oui, les joies de GoogleMap !
" Etre en vacances c'est n'avoir rien à faire et avoir toute la journée pour le faire. " - Robert Orben
01 décembre 2006
Merry Christmas
Rien de nouveau à vous apprendre sous la brume londonienne que les britanniques (je dis bien britanniques et non pas seulement anglais) pour se consoler de la pluie, sont tous les alcooliques. Il ne s’agit pas que d’un mythe puisque pas besoin de travailler ici bien longtemps pour se rendre compte que plus l’entreprise est importante et sérieuse, plus magistrales et incontrôlées sont les cuites que se prennent les employés qui y travaillent.
Puisque si il est vrai qu’en France après des années estudiantines copieusement arrosée parce que laissant le loisir de dormir et récupérer le matin, l’entrée dans la vie active nous rend un peu plus tranquille, en Angleterre, c’est le contraire… Du moins c’est l’impression que j’en ai… L’entreprise est d’ailleurs souvent la première à ne pas rater l’occasion d'inciter ses employés à la pratique du levée de coude et plutôt deux fois qu’une quand somme toute, personne ne paie : pot de départ (les brit' changent de job environ tous les 5 ans donc dans les grandes entreprises, les pots sont fréquents), bien évidemment suivi quelques jours plus tard du pot de bienvenu du remplaçant (pourquoi faire les deux le même jour ? Au diable l’avarice !), anniversaire, naissance, décès (euh non, j’exagère ! XD)
Et quand arrive Noël démarre une bien curieuse tradition : la « Krissmas partie » !
En effet. Véritable institution outre-manche, les entreprises de toute taille commencent leurs prospections pour trouver un endroit digne de leurs employés mais surtout libre dès le mois de septembre ! Puisque pour tout le monde, il s’agit d’une véritable course pour obtenir l’endroit chic et aux toilettes assez grandes pour pouvoir accueillir plus de 5 personnes vomissant leur vodka tonic en même temps.
Le principe étant de proposer un dîner à ses employés et souvent une petite activité annexe par la suite (du style karaoké dans les entreprise japonaise, club, bowling ou boisson dans un endroit super chic) le principe de base étant surtout de se prendre la cuite de l’année aux frais de l’entreprise…
Et si en France, on essaie toujours de faire bonne figure face à son employeur à l’air stoïque qui est plutôt là pour montrer son contrôle en toute situation, y compris et surtout face à l'alcool, les magazines anglais ne cessent de faire l’apologie de la saoulerie d’entreprise soi-disant "booster d’augmentation" puisque effectivement, les chiffres le prouvent : les employés assez audacieux pour tailler le bout de gras à leur chef avec 2 grammes dans chaque poche, sont ceux qui ont le plus de chances de faire des bonds sur le tableau d'avancement... Quand bien même on préfèrerait parfois voir les sous-sous de cette beuverie dans la cadeau de Noël de notre belle-famille que dans un verre de champagne aussi bon soit-il, le principe est bien ancré et inévitable… Ne pas y participer relève même de l’abomination…
Puisqu'en plus de celle de sa propre entreprise, clients et parfois fournisseurs chanceux s'avèrent être régulièrement invité aux petites sauteries de leurs collaborateurs (sans compter les partenaires etc). Bref, une moyenne de 2 voire 3 Christmas Party au mois de décembre, ce dernier s'annonce en effet bien arrosé (attention jeu de mots) et pas que par la pluie... Tout pour que le mois de décembre, déjà propice aux problèmes existentielles du style : "qu'est-ce que je vais bien pouvoir acheter à mes neveux cette année... Ils sont pourris gâtés, c'est vraiment la plaie les fêtes de Noël" s'ajoute à cela des gueules de bois en milieu de semaine, ce qui n'arrange pas les affaires de tout le monde... Et parvient à rendre les anglais d'habitude si flegmatique, aussi désagréables que des parisiens d'humeur convenable...
Bref, je n'aimais déjà plus tellement Noël depuis que j'ai découvert que le Père Noël c'était du pipeau, et bien ça ne fait qu'empirer et c'est pas parce que j'ai moins de cadeaux qu'avant !
"Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. De même qu'il faut boire pour vivre et non pas vivre sans boire, sinon c'est dégueulasse." (Pierre Desproges)