01 décembre 2008
Mademoiselle
A 3 jours de l'événement le plus important de l'année, je m'inquiète (enfin !) de savoir qui va ainsi postuler au titre de Miss France 2009. Puisque Simone a eu la délicatesse de rappeler l'importance d'élire une jeune fille qui en a dans la tête (en particulier cette demoiselle), on ne peut en effet qu'apprécier la qualité des descriptions dont chacun a su faire preuve - effectivement la jeune fille ci-dessus mentionnée a précisé être "intelligente" et "adore les romans de Marc Lévy", ce qui à mon sens prouve surtout qu'elle manie les antithèses d'une manière dangeureuse.
Personnellement, ce qui me fascine autant dans une telle élection est le caractère géographico-linguistique de l'affaire qui fait émerger des termes pour le moins incongrus. En effet, qui ne s'est jamais demandé où diable pouvait bien se trouver des régions telles que l'"Artois-Hainaut" ou encore le "Quercy-Rouergue" ? Mes plus plates excuses aux habitants de ces contrées mais après avoir vérifié, je me suis aperçue que l'Artois était donc près de Arras - et croyez-moi si vous voulez, mon collègue, pourtant originaire de cette ville, n'avait pas fait le rapprochement. Bon ok, il a quitté la région il y a un moment mais tout de même...Pour ce qui est de Quercy-Rouergue, je m'en remets à votre curiosité :)
En tous les cas, n'est-il pas intéressant de constater l'adéquation parfaite entre le nom de la dame De Fontenay et des noms de région dont personne ne se rappelle puisqu'ils datent de l'Ancien Régime ? Bref, point de polémique. Il y en a eu a priori cette année suffisament au sein du Comité.
Ceci dit, autre phénomène géographique intéressant, une Miss Pays-de-Loire est élue chaque année - alors que, tout le monde en conviendra, cette région n'a, d'un point de vue historique, aucun sens (je sais de quoi je parle, j'y suis née). Miss Anjou (alors qu'elle était élue aux côté de la Miss Pays de Loire pré-cités sans problème) s'est vu rayée de l'élection depuis peu, et la Vendée, région pourtant revendicatrice de son identité unique (qui voudrait aller vivre dans une région où tout le monde mange des fayots, sérieux ?), n'a pas sa Miss personnelle. Qu'à cela ne tienne, l'élection a lieu au milieu même du pays de la mogette et de la trouspinette (je n'invente rien), au Puy-du-Fou :) Tandis que je me demande toujours à quelle zone géographique appartient le Loire-Forez et que j'ai cru l'espace d'une seconde que le Midi-Pyrénées était porté disparu (on l' a associé à l'Albigeois. Moralité, ne pas se fier à l'ordre alphabétique, il y a des pièges)...
Menfin tout de même, par tous les chapeaux, Geneviève et son élection aurait de quoi faire tourner miro la plupart des éditeurs de manuel scolaire de géographie ! Pour ce qui est de ce découpage bien incongru, la solution serait peut être a chercher dans une carte de France périmée ou une carte des fromages. Le mystère reste entier...
Mais dans ce cas, pourquoi aujourd'hui s'insurger contre le comité mondiale ? Puisque oui, c'est bien là le problème soulevé, Geneviève se plaint à l'heure qu'il est, de la remise en cause de la géopolitique mondiale du comité d'élection des Miss Monde (voir l'article traitant de la question ici). Puisque la France est donc représentée, ainsi que la Guadeloupe et la Martinique... Hmmm... Je crois qu'une expression existe pour ce genre de situation, ça s'appelle l'arroseur arrosé. Aussi, garde bien ton chapeau sur la tête Geneviève, ses bords larges te seront cette année bien utiles.
"Qui sème le vent, court après son chapeau" - Professeur Choron
26 novembre 2008
Vacherie
Lorsque l'on aime autant les animaux que moi, se rendre dans un pays dont la religion est basée sur les forces de la nature et plus particulièrement de nos amis les bêtes se transforme en une expérience hautement spirituelle. Cela offre en effet de nouvelles perspectives sur la vie, bien plus que n'importe quel bouquin de développement personnel. Ces croyances hindoues expliquent aussi peut-être pourquoi l'Inde est simplement l'équivalent du paradis pour les végétariens. Le caractère sacré de la plupart des animaux fait qu'il est rare de trouver de la viande au menu - et il est même des villes saintes dans lesquelles la viande est bénie bannie (de même que l'alcool d'ailleurs, les hindous n'ayant pas de dieux pour les ivrognes, cela explique peut être le fait que les asiatiques soient une population hors de portée des problèmes d'alcoolisme). C'est d'ailleurs dans cette même ville qu'entrer dans un café m'a pris 5 bonne minutes à attendre que la vache qui avait élu domicile sur le palier daigne bouger son saint-pis.
Anyway, puisque ma religiosité est plutôt limitée (même si je dois confesser admirer les actes de dévotion auxquel j'ai pu assister), je ne débattrais point ici de l'intérêt profond d'une croyance mettant sur un piédestal l'environnement faunique. Je descendrais plutôt bien bas dans les méandres du terre-à-terre pour vous faire part de mes considérations que certains trouveront -j'en suis bien certaine- de la plus haute importance. En particulier l'enfant aux tendances scatophiles que chacun porte en soi. Je vais ici parler de la bouse de vache.
Pour être honnête, je pensais qu'au pays de la vache sacrée, une odeur certaine de bouse ne me lâcherait pas puisque le nombre de ces bêtes surpasse presque le nombre d'habitants (ils sont plus d'un milliard tout de même, je vous laisse imaginer). Et bien il n'en fût rien. Je dois dire que j'en était presque déçue. Sous la chaleur écrasante de la côte ou sous le crachin vénéneux des montagnes, rien ne fit véritablement ressortir la fragance délicate de la sainte substance (puisqu'en effet, les cendres de bouse sont souvent déposée sur le crâne de statuts de Ganesha... J'ignorais jusqu'alors que vaches et éléphants avaient de telles accointances...)
Afin d'expliquer ce phénomène étrange, plusieurs hypothèses me vinrent à l'esprit :
- Les vaches indiennes souffrent d'une constipation chronique due à la sous-alimentation dont elles sont victimes (le jeûne faisant partie des rites hindouistes soit dit en passant, les vaches ne font pas exception à la règle vu leur maigreur)
- Le fait d'être sacrée rend leurs déjections sans odeurs (Catsan devrait leur demander un brevet)
- Fières animaux que sont les vaches + un transit casanier fait qu'elles ne se sentent pas de faire dans la rue.
- Je me suis habituée tellement vite à cette odeur que je ne la remarquais même plus.
Pour en avoir bavardé avec plusieurs personnes, j'ai cru comprendre que la bouse n'a pas la réputation d'avoir une odeur dévastatrice en Angleterre. Je ne cache pas ma jalousie, puisque je dois avouer que cette odeur, dans la campagne bretonne où j'ai grandi fait partie des raisons pour lesquelles je préfère encore vivre en ville et respirer les gaz d'échappement. Mais puisque j'aime à expliquer tout et n'importe quoi par des hypothèses tout aussi irrationnelles les unes que les autres, je pense que cette odeur est le prix à payer pour vivre dans un pays où l'on produit le meilleur fromage du monde (Cocorico !), en d'autres termes, le fromage qui pue le plus.
Des réticences à la fermentation font que l'Inde ne vend ni ne produit aucun fromage, ce qui peut alors expliquer l'absence d'odeur... C'est bien dommage pour eux puisqu'ils ne connaîtront donc jamais La Vache qui rit :) (-> blague de m... , nous sommes d'accord, mais on doit reconnaître que ça va bien avec le thème général de ce post).

"Qui était le premier homme à avoir dit : "Je pense que je vais boire ce qui sort de ce truc quand je le presse" ?" - Calvin & Hobbes
02 septembre 2008
Cricket F(or)ever
Et oui ! Petit post de rentrée oblige... Puisque je l'avais promis depuis longtemps... Un petit billet sur ce sport éminament énigmatique qu'est le cricket.
J'ai l'immense honneur de résider à côté d'un des plus grands stades de cricket d'Angleterre -paraît-il- et dois avouer (mea coule plus) ne jamais y avoir posé le pied. Et ce pour plusieurs raisons : les tickets coûtent un prix faramineux (à en voir les revendeurs à la sauvette à la sortie du métro compter leur billet), la météo farceuse, et bien sûr l'incompréhension totale que m'inspire cette activité (peut on vraiment appeler cela un sport, sérieusement ?).
Cela fait en effet 3 ans et demi que je vis en terre britannique et bien que je considère avoir réussi mon intégration (du moins le pense-je... J'en suis tout de même à mettre du lait dans le thé), j'avoue que le cricket est l'élément de la culture British par excellence qui me laisse perplexe. Après m'être fait expliquer les règles en long en large et en travers... Pas moyen d'y entraver quelque chose. Après moultes recherches, j'en suis arrivée aux conclusions/explications suivantes quant à mon hermétisme latent (ou mauvaise volonté, c'est comme vous voudrez) :
1/ je suis particulièrement stupide
2/ je suis trop continentale (aucun de mes parents ne vient d'un pays du Common Wealth puisque je crois que c'est là que réside l'astuce)
3/ j'ai simplement mieux à faire de mon temps que de chercher un intérêt à ce sport ridicule
Personnellement je pencherai pour la 3è solution. En effet, une des explications à l'intérêt d'aller voir du cricket puisqu'il peut ne RIEN se passer pendant 3 heures de rang et des matchs peuvent en effet durer plusieurs jours (si c'est pas affligeant !), c'est a priori que ce soit "a nice day out" dixit mon colocataire. Je veux bien croire que ce soit une journée sympa à passer dehors (encore que, il faut que le ciel soit de la partie ! -> jeu de mots de m... Je sais, ça vous avait manqué !), menfin dépenser 120 EUR pour aller se prendre des coups de soleil sur le front, boire de la bière, lire son journal (bah oui, vu que rien ne se passe, il faut bien passer le temps), rouker -mot du jour bonjour !- sur un siège inconfortable et à l'occasion voir des gugusses se débattre dans un déguisement de martien, il faudrait peut être pas abuser ! Je préfère allègrement aller me grâler la moëlle dans l'herbe du parc à côté... Ca me coûte tout de même moins cher que d'aller me griller les neurones en compagnie de supporter aussi plein de bière qu'un stade de foot (mes excursions en dehors de la maison lors de la fin des matchs l'atteste... Ce n'est PAS un sport de gentleman).
D'autant que lorsque me vient l'envie de comprendre à quoi sert toute cette mascarade (en gérénal après un match), aucun des fans de cricket que je connais n'est capable de m'expliquer les règles de manière simple et clair ... J'en ai déduit que la degré de compréhension du jeu était inversement proportionnel à la quantité de bière ingéré ce qui - au vu du rythme britannique - peut s'avérer être nul dès 2 heures de l'après-midi. Ce qui veut dire en clair, que le stade est bien vite rempli d'un public qui n'y entend que dalle.
Mais n'est-ce pas au final un sport bien britannique que le cricket permettant, sans être trop déranger, de pouvoir boire son thé (oups ! Blasphème ! Sa bière !), lire son journal, parler du beau temps - et surtout de la pluie- avec son voisin de siège et ce, en toute absence d'effusion ou de débordement passionné ? D'aucun répondront : Indeed, my dear...

« L’orthographe est le cricket des Français. Le cricket et l’orthographe ont en commun d’être incompréhensible aux étrangers, sans parler des indigènes. » - Alain Schifres
10 juillet 2008
Page de réclames
En me relisant (comme tout le monde aura remarqué, je me relis souvent et n'écris pas si souvent... Je devrais arrêter de me relire je sais), j'ai vu avoir mentionné les concerts pour lesquels j'avais des tickets l'année passée et ne vous ai même pas parlé des dits-concerts...
Et puisque je ne suis pas avare des racontages de vie, je vais même en rajouter...
Tout d'abord, j'ai eu l'honneur de voir Sébastien Tellier qui avait eu la bonne idée de choisir mon île pour ses premières expérimentations scéniques, quelques jours avant la sortie de son dernier album (c'était donc en février). Et en fait d'expérimentations, c'était en effet, TRES expérimental : tout en barbe folle et déhanché branché, il était tout en cheveux et bizarreries, pour une performance des plus drôlement hot qu'il m'ait été donnée de voir... Et à haute teneur en improvisation des deux parts. Puisque l'album n'étant pas encore sorti, personne dans la salle ne connaissait encore la teneur de ce nouvel opus si ce n'est son titre sans équivoque "Sexuality" qui en plus de donner envie de lascivement bouger son corps, transmettait aussi une violente envie de subrepticement passer sa main dans la culotte de son voisin... (même si mon éducation judéo-chrétienne m'en a empêché, j'avoue y avoir pensé)... Seb c'était bien donc, sans regret !
Puis vint la folie Björkesque en avril. Petit totem gesticulaire à la voix juvénile malgré sa quarantaine passée, un spectable époustouflant et jubilatoire aux couleurs du dernier album. Une variation au clavecin sur Vokuro du très bel album Medulla et j'ai bien cru transformer en 5 secondes le bel Hammessmith Apollo en piscine géante... Des lumières à tomber et des invités comme si il en pleuvait. C'était beau, c'était bien, c'était Björk.
Plus récemment, l'homme de ma vie (je ne le dirai jamais assez) et ses joyeux compagnons ont fait grâce de leur présence le superbe parc de Victoria. Malgré la déception d'avoir raté Bat For Lashes pour cause d'avion en retard, j'avoue ne pas me rappeler la dernière fois que je me suis trouvée dans un tel état d'excitation (peut être le dernier Noël où je croyais encore au bonhomme en rouge... J'avais 5 ans...). Beaucoup de chansons du dernier album, ponctuée par de plus anciennes qui ont permis au public de "sing along" et croyez-moi, entendre 20 000 personnes (je ne suis pas certaine du chiffre et ne compter pas sur moi pour chercher) chanter Karma Police, ça vaut son pesant de cacahuètes. Et surtout de frissons le long de la colonne. All I Need m'a vu versé ma petite larme règlementaire (je vais arrêter de mentionner ce genre de détail sinon tout le monde va croire que je passe mon temps à chouiner pendant les concerts...) et les lumières s'allumant au fur et à mesure que la nuit tombait n'a fait que rajouter à la magie du moment... Comme à s'en douter, je n'avais d'yeux que pour Thom tandis que l'une des femmes de ma vie à mes côtés est tombée pour Johnny Greenwood... On était donc bien synchro. Bref, en résumé, en conclusion : Radiohead, c'était trop d'la bomb' de balle.
Enfin et pour faire genre : je vais aussi voir des groupes obscures (ou presque), j'ai récemment pu découvrir sur scène un petit groupe de pop électro anglaise qui, je dois bien l'avouer, dépote grave sa race. Vêtus de T-shirts à bulles lumineuses (il faut le voir, c'est trop compliqué à expliquer), leur (trop) court set au Barfly de Camden transmettait simplement une banane à ne plus savoir quoi en faire, si ce n'est la passer à son voisin (qui en avait déjà une lui aussi... Dammit !). Bref, alternant entre pop et électro au fil des mots, on ne se lassait pas de l'enchaînement de ces histoires avec et sans paroles. En tous les cas, ils s'appellent Metronomy et si il y a des parisiens dans la salle, ils passent demain dans votre capitale dans un endroit que je n'ai toujours pas réussi à déterminer plus précisement. Plus d'infos ici en tous les cas (comment que je pourrais trop faire PR moi des fois :)
"La musique, c'est du bruit qui pense." - Victor Hugo
01 juillet 2008
Ma que Calor !
En ce jour de chaleur bien opportun (on est quand même le premier juillet, que diable !), un phénomène bien amusant refait surface dans tous nos pays-tellement-riche-qu'on-ne-sait-plus-quoi-faire-de-notre-tune-pour-améliorer-notre-confort...
On ne peut pas dire que des foudres caniculaires se soient abattues sur les îles britanniques ces 3 dernières années, puisque je suis même en mesure de vous faire un compte-rendu détaillé des jours de beau temps de l'année dernière d'avril à octobre (m'envoyer une missive si vous souhaitez plus de détails). Bref, les jours de beau temps agrémentés de températures supérieures à 25 degrés celsius sont rares en nos contrées.
Et aujourd'hui, pour une fois que cela nous arrive (oh miracle !), en sachant que la BBC nous annonce des pluies diluviennes toute la journée de demain (et que, pour ce qui est de la pluie, la BBC se plante rarement), que l'on aille dans une salle de cinéma, un magasin ou que l'on soit gentillement coincé dans un bureau mansardé, on a toujours le bonheur de se trouver à côté d'un bon britannique au système immunitaire bizarrement développé, (les anglaises sont les seules femmes du globe à pouvoir se balader par zéro degré en mini-jupe, sans collants, ni jambes bleues, et surtout sans attraper de rhume) pour trouver qu'il fait bien trop chaud (25 degrés, c'est vrai qu'on va tous mourir) et mettre la clim' à fond. J'ignore si il s'agit vraiment d'un sentiment de chaleur extrême ou simplement un besoin d'amortir le prix de la-dite clim', dont on n'a au passage jamais vraiment eu besoin à mon avis. La clim' à Londres, c'est un peu comme se faire creuser une piscine au Cap-Nord... C'est tout simplement inutile puisqu'on ne s'en sert que 3 fois par an. En tous les cas, nous voici à la limite d'attraper une bonne crève et tout le monde sait combien il est agréable d'avoir la goutte au nez en été (si tant est qu'il arrive - l'été, pour ceux qui suivent pas).
Puisqu'en parrallèle à cette expérience intéressante et surtout internationale (pour avoir vécu en Bretagne, j'ai déjà vu des bretons s'insurger contre une clim' qui ne fonctionnait pas, si, si), je suis rentrée la semaine dernière de jolies vacances en Italie et arrivée à Londres, sous prétexte qu'il ne pleuvait pas en dépit de nuages bien gris et de température arrivant péniblement à 15 degrés, tout le monde m'a dit lors de ma dépression post-vacancières, que je ne devrais pas me plaindre puisque, pour Londres, "le temps n'était pas si mauvais"...
" - Brestampe ! me suis-je dit... Ces gens-là n'ont-ils aucune idée de ce que signifie le terme "beau temps"... ?" (je ne suis pas l'auteure de ce terme et ne pense pas que cela ait quoi que ce soit à voir avec la ville de Brest)...
Je n'épiloguerai pas sur cette réponse qui à mon sens ne résume que trop bien ce que certains appellent "le flegme" britannique, qui n'est à mon sens qu'une désespérante résignation...
En attendant, bon vent à vous... :)
" La pluie tombe comme nous tombons amoureux : en déjouant les prévisions. " - Martin Page
17 avril 2008
C'est grave docteur ?
Lors de mon dernier retour dans la maison famillilale, j'ai dû procéder à un au revoir de circonstances bien douloureux puisque mes parents ont décidé de vendre la maison où j'ai grandi. C'est triste, mais c'est la vie... Etant parvenue à faire mon deuil de cette perte du patrimoine familialle, j'ai donc été visité la nouvelle avant-dernière demeure de mes parents (un peu d'humour noire n'a jamais fait de mal à personne) lors de ce pélérinage pascal.
Je me suis donc exclamée à force de Ohhhhhhhh ! Ahhhhhhh ! de dire combien ce petit clapier à lapins dans laquelle il va falloir faire tenir les 13 personnes que nous sommes dans ma famille pour Noël était formidable pour aider maman en panne d'arguments face à papa qui, tel un adolesecent atteint du syndrome de progéria, - les boutons en moins donc mais les cheveux blancs en plus - n'a de cesse de chaffouiner : "Il n'y a pas de rangement, c'est trop petit, c'est pas bien orienté..." Ma mère m'ayant finalement soufflé dans l'oreille que le principal problème résidait dans le fait que vivre en lotissement interdit qui que ce soit de pisser dans le jardin... Effectivement, je comprend sa détresse... Et la joie de maman de se dire qu'elle n'aura plus à attendre les 3 minutes réglementaires avant qu'il prenne le volant pour aller où que ce soit...
Bref, ce petit voyage m'a replongé dans le bonheur que d'être en famille : c'est-à-dire que c'est bien pour une durée limitée, mais aussi m'a fait retrouvé la douceur du vocabulaire familiale en la personne de ma maman dont la source me semble décidément intarissable. Le pire étant que la majorité de ces mots m'étant familier - je les entend depuis mon enfance - j'ai besoin de vérifier leur non-existence pour pouvoir ainsi justifier leur présence en ces (non)-lieux. Ainsi, bien que loin du continent, en personne über-tendance que je suis, je dis que mon père chaffouine... Pour ma mère, il roince : ce qui, il faut le dire, en terme sonore est assez proche des bruits émis par la personne mentionnée ci-dessus.
Autre fait intéressant, en dehors de ces nouvelles vocabulairiennes, j'ai découvert que le roinceur en question en la personne de mon père, était victime de crises d'angoisse se manifestant par des insomnies assez violentes etc etc. Ce dont je suis moi-même victime à mes heures (j'ai pas l'air comme ça je sais...)... Il est donc rassurant de confimer une fois de plus que je ne suis pas la fille du facteur... Mais il est d'autant plus rassurant je dirais de voir que lorsque je mentionne que j'en ai eu aussi... Tout le monde s'en fout... Il est rassurant donc de constater qu'à mesure que mon vocabulaire s'élargit ,le champ d'écoute décroit... Il est des choses qui ne sont pas faites pour changer, mais comme on dit, ça donne de repères dans la vie. Et la preuve en est que des repères peuvent être quelque chose de beaucoup plus abstrait qu'un tas de cailloux formant une maison...
« La famille des autres, c’est presque toujours amusant. Le problème,
c’est la nôtre. » - Judith Messier
11 avril 2008
The Office
Dans
le registre des trucs bizarres qui se passent sur mon île, un sujet sur lequel
je voulais revenir aujourd'hui : Le sport. D'autant que la flamme olympique
faisant sa petite tournée, cela me semble pour le moins circonstanciel...
Mais
ne nous emportons pas encore... Je ne vais pas parler de cricket (j'attends le
début de la saison...Résidant à côté du plus grand stade de cricket du
Royaume-Uni, croyez bien que je serai la première informée... ;)
Bref,
les brits comptant leurs médailles aussi sûrement qu'Arpagon ses pièces d'or,
une nouvelle coutume insulaire m'a été récemment révélée : courir et se faire
sponsoriser pour des "charity". (moi aussi je cherche la logique) En
solo ou en équipe, il ne se passe pas une semaine sans qu'un ami se rappelle à
mon bon souvenir et fasse appel à ma bonne conscience et surtout à mon
porte-monnaie, en me demandant de donner du pognon à une organisation quelconque
pour laquelle il/elle a décidé de se mettre à bout de souffle...
Que
l'on ne se méprenne pas sur la question, donner des sous ne me pose aucun
problème, surtout si cela peut réduire la supplice de mon ami(e) en détresse en
le/la faisant courir plus vite (si j'ai bien compris à quoi servait ma tune). Personnellement,
si une organisation quelconque finançait la recherche pour soigner la connerie,
croyez bien que je courrai 3 marathons d'affilé sans problème... (En parlant de
marathon, c'est celui de Londres demain). En tous les cas, je préférais
largement le grand National la semaine dernière : parier sur des chevaux, c'est
bien plus rigolo :)
Le
problème et intérêt de ce post d'ailleurs est que récemment, une de mes
collègues n'a rien trouvé de mieux à faire que de vouloir participer à ce que
je qualifierai de "coursinette" de 5 km... Et qu'elle a bien sûr
décider de faire participer tout le bureau... Je considérais bêtement au départ
que l'on courrait surtout pour se détendre… C’était sans compter sur l'esprit
de compétition oh combien développé de mes collègues masculins (qui ne sont que
3 soit dit en passant), dont mon boss qui a décidé que j'étais THE personne à
battre.
Puisque
tout le bureau n'ignore pas que je cours tous les week-ends depuis quelques
années maintenant afin de cracher un peu mes cigarettes... Je suis devenue bien
sûr la personne toute indiquée pour ce genre de compétition ridicule.
Le
pire étant que je ne peux prétendre courir vite - mes résultats cuisants au bac
ont prouvés que je tirais en plus de ma carcasse au moins deux charrettes et
trois semi-remorques derrière moi tellement je suis lente - mais je cours
longtemps (comme le lapin Duracel, mais sans le tambour et sans le pompon dans
le cul non plus d'ailleurs...). En tous les cas, cela fait une semaine que des
emails de groupe circulent dans le bureau pour que tout le monde s'inscrive à
ce qui va être - à mon sens - rien de plus qu'un joli défilé de mode (que
personne ne se méprenne, j'adore mes collègues, surtout lorsque la seule grande
parole échangée de la semaine s'arrête à : "j'adooooooooooooore tes
chaussures !")
Encore
une fois, je n'ai rien contre le principe mais je dois dire que de voir les
regards se tourner vers notre bureau (entre francophones, on est solidaire, pas
l'un d'entre nous ne s'est corrompu) dès que l'un des félons annonce avoir sign
up, commence à devenir franchement irritant... Je nommerai d'ailleurs cette
activité d'harcèlement sportif... Parce que je ne vois pas pourquoi je devrais
justifier le fait que de passer un dimanche avec mes collègues ne me fasse pas
sauter de joie... Parce que oui, il s'agit d'un dimanche, et tôt le matin en
plus... Et dans un pays où il est normal d'avoir que 17 jours de congés par an
sans RTT, c'est un petit peu pousser mémé que de me demander de passer le
week-end avec des gens que je vois déjà toute la semaine... A ce rythme là, je préférai
encore tomber dans un ravin... Ou me casser une jambe... Enfin un truc
impliquant une chute pour me permettre -je sais, elle est facile- de mettre fin
à cette course et ce post en même temps :)
"Si les Anglais ont inventé beaucoup de sports, c’est que, dès qu’ils se
sentent dépassés dans l’un d’eux par une nation étrangère, ils en inventent un
autre."
11 mars 2008
Etats d'île
Il est des trucs comme ça sur mon île... Inexplicable... Je viens de fêter 3 ans passés ici et entame donc une quatrième année, et il est toujours un nombre incalculable de trucs que je ne peux pas comprendre chez mes chers Britons...
- Pourquoi ils ne connaissent les mitigeurs d'eau que dans les cuisines, ce qui fait que si l'on a la mauvaise idée de se laver les mains dans la salle de bain, soit on se brûle, soit on se gèle les mimines.
- Pourquoi une fois sur deux le ticket de métro ne fait pas s'ouvrir les battants de la machine correctement ce qui fait que, couper dans son élan, on se retrouve coincé entre les-dits battants de portes et Micheline qui arrive franc-à-bord (je viens de découvrir en écrivant ces lignes que cette expression n'existe pas) derrière, bien décidée à passer coûte que coûte.
- Pourquoi les films ne sont jamais diffusés avant 22h.
- Pourquoi une chasse d'eau ne se remplit jamais en moins de 10 minutes, ce qui fait que dans un pub, il faut étudier le bruit de la fille qui précède pour savoir si l'on devra, ou pas, s'excuser de ne pas avoir pu la tirer correctement en sortant.
- Pourquoi le métro pourtant si cher ne fonctionne jamais et que ça a l'air de n'étonner ou de saoûler personne à part moi.
- Pourquoi les anglais pensent que par défaut, toute boisson chaude se consomme avec du lait (ne jamais commander un café sans préciser noir, sinon vous aurez forcément du lait dedans...)
- Et surtout, comment font les Brit pour s'intéresser à un sport aussi éminement chiant que le cricket...
Voilà voilà, loin de moi l'idée de dire qu'en France, c'est mieux parce qu'en dépit de tous ces faits, il est pour moi hors de question de partir... Mais je pense qu'il était nécessaire de pouvoir dresser un état des lieux après autant de temps passé ici... Je reviendrai sur chacun de ces points dans des posts à venir, en attendant, je vous invite à me donner votre avis sur ces questions...

« Non seulement l’Angleterre, mais tout Anglais est une île. » - Novalis
04 février 2008
Vivent les mariés !
Parce que ça fait un bout de temps que je n'ai point parlé politique en ce lieu... C'est amusant comme, lorsque l'on vit à l'étranger, on peut se sentir des fois super important... Votre avis compte soudain beaucoup puisqu'il devient représentatif de l'opinion de près de 65 millions d'invidus -qui a dit que les sondages étaient faits pour être fiable de toute façon ?... Il est effet assez drôle de constater qu'au fil de l'actualité politique, des informations mettent en émoi un pays et passe complètement inaperçu dans un autre...
Pour exemple, personne à Londres ne semble avoir été au courant de la vie (ou plutôt devrais-je dire les vies...) parrallèle(s) du dernierer et seul président de gauche de notre Vè République décadante (toujours bon de le rappeler)...
Aussi la Grande-Bretagne est en émoi... Pour Nico et Carla, mais aussi pour François, ses moultes conquêtes, sa fille cachée etc. Toutes ces révélations ayant eu lieu dernièrement (juste 10 ans en retard), cela fait beaucoup d'un coup (attention, jeu de mots ignobles à 9h)... Mais la réciproque est vraie puisque j'ai pu apprendre ce week-end, à l'heure même où une fervente croyante en le dieu de la polyandrie disait oui pour la vie à son petit Nicolas (entre nous soit dit, elle n'est plus à un retournage de veste près...), j'ai pu apprendre que l'ancien Prime Minister John Major avait été en son temps, un pro du "ménage à 3"*... Qui l'eut cru ?
Puisque si lorsque l'on passe le cap de l'acceptation de notre propre sexualité (de retour, et toujours pour les stats bien évidemment :), il est de gens qui restent au rebus des personnes en droit de faire du sport en chambre : nos parents (et oui, c'est très con, mais cela demeure) et la classe politique. Et dans sa pratique de manipulation intempestive de la presse, le petit Nicolas est parvenu à sortir une fois de plus son épingle du jeu : obtenir la 3è page d'un journal britannique, sa nouvelle première dame s'étant tout de même tapé la moitié du show biz français (loin de moi l'idée de calomnier, les faits sont là)... Elle appartient à ses personnes sur lesquelles les classes populaires ont le droit de fantasmer et à plus forte raison, au vue de son palmarès, s'imaginer fricotter sous la couette...
Puisque l'on ne peut pas dire que les politiques relèvent en général des prix de beauté - et le petit Nicolas ne fait pas exception - et puisque somme toute, ce n'est pas ce qu'on leur demande, il est facile de pouvoir faire l'impasse sur les qualités qu'ils sauraient déployer une fois la lumière éteinte (et un oreiller sur la tête). Il est vrai qu'avec le couple Chirac, on était plutôt à l'abris de ce genre de pensées lubriques... Mais là pour le coup, personne n'échappe à la curiosité de s'imaginer ce qui se passe derrière la porte de la chambre à coucher de l'Elysée (que l'on se rassure, cela me répugne pas mal... Mais tout de même !) Force est de constater qu'il doit y avoir quelque chose puisque même avec un humour décapant ou des performances sportives inégalées au lit... J'aurai personnellement du mal...
Mais comme me le faisait remarquer une amie l'autre jour... Tant qu'ils roucoulent, Nicolas fait moins de réformes, on a moins de grèves et surtout... Carla ne sort plus d'albums...Si c'est là le prix du sacrifice...
Bref, c'était la pensée du lundi... Un peu décousue, mais bon... ELle se devait de rebondir sur les événements du week-end... Et pour conclure, je serai pas étonner de voir bientôt des cheveux blancs sur la tête de Mick Jagger...
* expression conservée en français sur les îles britanniques... Même si on ne s'en sert pas en France...
Et pour une fois, une citation en forme de boutade de la part d'un ancien de Carla (à ce qu'il paraît) :
"Le sexe, c'est ce qu'il y a de profond entre l'homme et la femme. " - Laurent Fabius (tu l'as dit bouffi...)
10 janvier 2008
Juste pour augmenter mes stat
D'accord, j'aurai dû vous en parler avant... Puisque l'anecdote date du mois d'août...
Je veux dire, tout le monde a déjà remarqué que les lignes éditoriales des magazines en général se répètent inexorablement au fil des saisons (même la ligne du mag sur lequel j'officie à mes heures, mais c'est pas pareil)... En ce moment, on nous saoûle de soldes et detox en tout genre avant que n'arrivent les nouvelles collections de printemps, puis les régimes miracles pour paniquées du bikinis etc etc.
Et donc en août l'année dernière, lors d'un passage en terre gauloise, j'ai pu remarquer que ce mois d'été en particulier était dédié à la ligne éditoriale... : CUL (écrit en majuscule, cela devrait faire monter les stat, même que sans rire, ça marche). "Et ta soeur ?" me direz-vous et vous aurez bien raison... Le rapport avec ma soeur est qu'elle est enceinte (je blague même pas) et cela m'a rappelé que la période de fécondité des français s'avère être ce mois de dilletantisme en particulier* - ce qui explique depuis plus de 20 ans un taux de naissance particulièrement élevé au mois de mai. Il est vrai que ma soeur étant enseignante, elle a programmé sa ponte au mois de mars pour pas reprendre avant septembre**. Faut pas prendre les fonctionnaire pour des buses non plus ! (je n'ai rien contre les fonctionnaires, loin s'en faut... NDLR).
Pour en revenir à mon histoire donc, j'en suis tombée sur un titre qu'il me semble avoir déjà vu les années passées sur le respectable Beaux Arts Magazine titrant sans équivoque : Art et Sexe. Pour le coup
1/ ils ne se sont pas foulés. En terme de titre, on pouvait pas faire plus basique,
2/ tout le monde n'a pas la chance comme son concurrent Art Press d'avoir eu une rédactrice en chet ayant publié ses mémoires sexuelles...
Donc puisqu'il semblerait qu'il soit à la mode de parler de vibromasseurs et autre sex toy (j'ai bien tenté de trouver un nouveau terme à tout ça, mais je dois dire, je sèche, merci pour votre aide), je me suis sentie de faire un petit tour d'horizon de la question pour voir ce qu'il en était sur la toile... Et je ne cache pas que le résultat est pour le moins... Peu bandant pour reprendre une expression chère à certains individus de la gente masculine.
Puisqu'il semble en effet que le cul soit à la mode. Sur le net. Et pas seulement pour le mattage gratuit de gros lolos en ligne... A priori les sites de lingerie montrent un savoir-faire sans pareil pour ce qui est de leur apparition sur Google à la moindre recherche lancée pour un mot aussi anodin que "gorge" -ok pas aussi anodin que ça- mais aussi pour le déballage de vie sexuelle sur la toile. Les sites de Monique et Raymond, couple
échangiste à ses heures perdues et exhibitionnistes à l'occasion
pleuvent pour peu que l'on se mélange les doigts dans les URL (ceux qui
ont un jour fait l'erreur de taper france2.com savent de quoi je
parle)... Sur MySpace, autres blogs et sites communautaires, on n'en peut plus non plus de parler de ce qui se passe derrière la porte des chambres à coucher (Facebook reste encore relativement soft sur le sujet pour le moment... Il s'agit juste de savoir si un parfait inconnu aurait envie de vous rouler une pelle... A tout hasard !). Bref, il semblerait que Monsieur Tout-le-monde se sente d'exhiber ces ébats et de rendre ainsi ce qui relevait jusqu'ici de la sphère de l'intime partagée avec l'autre accessible à tous.
Je n'ai rien contre ce phénomène puisque comme chacun sait, personne n'est obligé de lire tout ce qui se trouve sur le web... Mais tomber l'autre jour sur un entrefilet dans un journal papier pour le coup - et respectable qui plus est - relatant l'anecdote d'une vieille dame retrouvée morte électrocutée par son vibromasseur qu'elle tenait à la main, je n'ai su si je devais rire ou pleurer... J'attends donc avec impatience le jour où ce genre d'objet sera en vente libre dans les supermarchés. Mais par dessus tout, d'entendre les réponses faites par les parents à l'éternelle question : "C'est quoi cette bouteille de lait ? "...
* Je sais j'ai un esprit tordu, enfin des précédents post vous ont surtout montré que mon esprit était mal placé
** Comme chacun aura deviné, la soeur de l'auteur ne lit pas ces lignes...
"Si le mot cul est dans une phrase, le public, fût-elle sublime, n'entendra que ce mot." - Jules Renard