>Aurélisationnement Obligatoire!!!<

Le néologisme est à ma famille, ce que les abeilles sont au miel : une pratique ancestrale, dont tout le monde se demande le pourquoi et le comment de la chose...

23 octobre 2006

Petite Définition

NÉOLOGISME, subst. masc.

A. Vieilli
1. Péj. Habitude, considérée comme fautive, d'abuser de la néologie (v. néologie A), soit en créant, soit en utilisant de nombreux mots nouveaux.

2. Création de mots, de tours nouveaux et introduction de ceux-ci dans une langue donnée. Synon. néologie (v. ce mot A). [H.-F. Amiel] avait (...) à un degré rare, la plus audacieuse d'entre les audaces littéraires, celle du néologisme et de l'invention grammaticale (BOURGET, Nouv. Essais psychol., 1885, p.273).

B. Mot, tour nouveau que l'on introduit dans une langue donnée. Néologisme barbare; une langue truffée de néologismes; risquer un néologisme. Les néologismes n'effraient point, à condition qu'ils soient bien formés et restent compréhensibles (DUMESNIL, Hist. théâtre lyr., 1953, p.217):

En partic.
Néologisme (de forme). Expression ou mot nouveau, soit créé de toutes pièces, soit, plus couramment, formé par un procédé morphologique (dérivation, composition, analogie).

Néologisme (de sens). Expression ou mot existant dans une langue donnée mais utilisé dans une acception nouvelle. À chacun des niveaux (...) plane la grande menace d'ascension au paroxysme atomique, ce que, d'anglicisme en néologisme, on a convenu d'appeler «escalade» (BEAUFRE, Dissuasion et strat., 1964, p.69):

C. PSYCHIATRIE. Mot nouveau créé soit à partir de sons, soit par fusion de mots ou de fragments de mots usuels, et utilisé par un malade dans certains états délirants. De valeur souvent magique ou ludique, le néologisme atteste la désocialisation du malade, sacrifiant la fonction communicative du langage à sa fonction expressive (THINÈS-LEMP. 1975).

Étymol. et Hist.

1734 «habitude d'employer des termes nouveaux» (Le Pour et le Contre, t.5, p.98);

1787 «les mots nouveaux eux-mêmes et l'habitude d'en inventer» (FÉR.). Formé des élém. néo-* et -logie*, et du suff. -isme*. Fréq. abs. littér.: 50.

DÉR. Néologiser, verbe trans., fam. Créer, utiliser des néologismes (v. supra B).

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Note

Non je ne suis pas folle. (encore que). Je ne suis pas non plus complètement perdue non plus… J’ai juste une petite poussée d’égocentrisme latent qui me fait développer un concept aussi nombriliste que stupide… Et pour le coup la pratique du blog me semblait plutôt appropriée… J’ai effectivement décidé de développer et revendiquer le concept sous-jacent à ma petite personne… Entretenue depuis longtemps et caché jusqu’alors dans mon petit crâne de piaf : l’aurélisme ou aurélisationnement (je défend expressément l’utilisation du terme aurélisationnage… Les mots en –age sentent le barbarisme à plein nez)…

Le néologisme est une pratique que je me suis appropriée depuis déjà longtemps, d’autant qu’elle fait partie d’une certaine tradition familiale dont je ne suis pas peu fière d’avoir hérité… Avant de voir ce phénomène comme une tare, telle ma maman, je préfère le revendiquer de suite avant qu’il ne devienne un handicap dans ma vie de tous les jours : oui j’invente des mots, et alors ? Il est vrai que de par mon statut et lourd, mais court, passé de linguiste, on m’accorde souvent crédit pour la grande science de la langue française ou pour vérifier l’orthographe de tout terme à la consonance bizarroïde… Ce qui facilite considérablement mes parties de scrabble…

C’est par cette pratique acharnée que je suis donc parvenue il y a quelques années à un concept me faisant créer des verbes-éponymes à l’image de mes proches : faire sa Lucie, faire sa Camille, faire son Julien, etc (les intéressés se reconnaîtront et noteront que leurs prénoms n'ont pas été cités avec leur déformation, ou autres sobriquets ridicules dont j'aime affublé mes proches)… Le principe appliqué à ma petite personne – faire son Aurélie, donc- pouvait s’appliquer à un comportement capricieux voire boudeur, susceptible de changer d'une minute à l'autre. Le principe étant bien évidemment de mettre le doigt sur un défaut particulier, l’expression se doit de changer de définition au fil du temps… Le principe visant à tendre vers un changement de définition allant vers le positif, ce qui est impossible dans la mesure où « nobody's perfect »…

Puisque mon cher prénom d’un "commun-c’est-mortel" se prête bien à l’exercice (comme quoi j’arrive tout de même à lui trouver des avantages…), la formule est parvenue à se décliner sous forme verbale sans avoir à l’utiliser dans sa substantivité… Auréliser donc… Aurélisationner pour ceux qui veulent se la jouer un peu intellectuel…

Parce que oui, je vis dans un pays où la langue que l’on parle compte même des mots qui ne s’explique qu’à coup de phrases interminables du style : « toucher quelqu’un avec un doigt pour obtenir son attention » (=>to poke) pour ne citer que cet exemple… On en arrive donc à la conclusion que si on ne s’autorise pas à relâcher un peu la pression langagière, on obtient finalement une langue au bord de l’agonie… Donc au diable l’avarice ! Toute nouvelle création sera ici la bienvenue et que les personnes qui considèrent qu’utiliser le terme « email » est impropre et que « courriel » est plus approprié, ou encore que le verlan est un phénomène de mode (ça fait 10 ans que je le parle régulièrement et j’avoue ne pas m’en lasser) aillent voir là-bas si j’y suis !

Posté par aurelism à 10:40 - Accueil - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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