Je ne vais pas refaire le procès de la presse insulaire au risque de me répéter. Pour faire court, il est vrai que me manquent parfois les détails des débats parlementaires français qui me passerait peut être au-dessus de la tête si j'habitais encore en Gaule.

En tous les cas, gros choc durant ce dernier voyage au pays d'Astérix (juin dernier), puisque j'ai vu dans la presse hexagonale que le Petit Nicolas avait décidé de lancer une commission d’enquête sur le port de la burqa et du niqab. J’ignore si c'est le fait d’être marié à une ancienne icone de mode qui a pu rendre notre président aussi soucieux de l'apparence de certaines de ces citoyennes, n'empêche que je dois dire : Shocking! Je ne pense pas en étonner beaucoup si je soupçonne Monsieur N. d'être un peu trop à droite de la droite, mais de là à interdire - dans un pays qui se fait chantre de la Liberté, Egalité, Fraternité - un code vestimentaire, sous prétexte qu'il ne correspond pas aux valeurs plus chrétiennes que laïques de notre pays me laisse un peu perplexe.

Puisque en dehors de l’absence de tolérance émanant d'une telle loi (même si elle n'est pas encore passée), pas besoin de sortir de l'ETNA ou de St-Cyr pour savoir qu'un certain groupe d’extrémistes n'hésitera pas à mettre "Paris sous les bombes" pour ne serait-ce qu'y avoir pensé...
Loin de moi l’idée de cautionner des actes d’un tel barbarisme qui consiste à tuer des innocents pour des questions religieuses autant que politiques d’ailleurs, puisque je considère que rien de pire n’a été inventé depuis la bombe H que ce type de chantage. En tant que femme, j’avouerai ne pas me sentir particulièrement encline à adhérer au port de n’importe quelle tenue sous couvert de religiosité – mais après tout, c’est à chacune de décider et d’agir selon son bon droit.

Mais au vu du climat économique précaire actuellement, lancer un débat sur une question religieuse n’est pas sans me rappeler un certain Monsieur H. en 1933… Et faire semblant de donner le change en parlant d’un sujet qui n’en finira pas de diviser les français au lieu de faire face à la réalité d’une économie en perdition me semble également un peu facile – d’autant que la France semblait avoir récemment trouvé un équilibre après la polémique sur le voile dans les administrations publiques.

De l’autre côté de la Manche – et avec le souvenir douloureux des attentats du 7 juillet 2005 encore très présent–  l’analyse est claire comme de l’eau : on fournit de l’eau au moulin des fondamentalistes musulmans pour qu’ils puissent trouver un nouveau terrain de jeu en terre parisienne et venir y poser des bombes. En clair, cette proposition est de la provocation pure et simple. Si encore une fois – je me répète – je ne cautionne pas ce type de chantage, je me demande alors à quoi joue le Petit Nicolas :

  • Veut-il effectivement se poser en grand sauveur de la patrie et asseoir son pouvoir sur le long terme en sortant la France d’un traumatisme tel que des attentats ? (Il ne serait pas le premier !)
  • Veut-il faire passer des lois économiques drastiques et pense que ça marchera si tout le monde s’enflamme pour ou contre la burqa et en oublie le reste ?
  • Veut-il simplement s’assurer le vote de son électorat fasciste ?

Dans tous les cas, je me demande bien où se trouve l’intérêt des français dans tout ça… Et il me semble que risquer la vie des parisiens qui ne devraient pas tarder à trouver des bombes dans le métro pour satisfaire les plans de carrière ou la mégalomanie d’un Président souffrant d’un complexe de taille, me semble un peu léger. Puisque pour autant que je sache, seule une minorité de femmes de confession musulmane porte la burqa et, elles ne font de mal à personne… Et quand on a épousé une ancienne top modèle qui a fait de son corps, un outil de travail, je ne crois pas que l’on soit le mieux placer pour parler de codes vestimentaires…

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" Ceux qui font de leurs vêtements l'essentiel de leur personnalité finissent en général par ne valoir guère mieux qu'eux." - William Hazlitt