Train de vie a failli voir une saison 4, puisque comme à presque tous les coups à la veille de mon départ en vacances en Italie (quand je vais autre part, tout va bien), il y a grève des métros à Londinium - ce qui en clair signifie : une heure et demie de voyage au lieu de 45 minutes... Mais point de polémique et parlons de choses plus positives !

A la veille de mon départ en vacances donc (je ne me lasse pas de le dire), il est ma foi fort agréable de pouvoir chercher sur le merveilleux instrument qu'est Google le lieu de ses vacances et grâce à la précision des dernières versions de Google Map, de pouvoir même visualier la façade de la maison ou de l'hôtel que l'on a réservé, avec plan détaillé de la rue s'il-vous-plaît ! Agréable en effet, surtout lorsque l'on glande au bureau (récession oblige). Je ne pense pas être la seule à m'être aperçue que si jamais il me venait l'idée saugrenue d'avoir des enfants un jour, ils me demanderont certainement comment on pouvait vivre sans Internet, sans télécommande pour la télé et comment surtout on pouvait organiser des vacances sans Google Map... (cette date correspondra sans aucun doute au plus grand coup derrière la tête de ma vie. J'anticipe, je sais... Mais c'est décidé, je n'aurai pas d'enfants !)

Quand je repense aux vacances de mon enfance : mes soeurs et moi entassées dans la vieille Horizon des mes parents avec la caravane bien sûr, entre la langue pendante du chien, les coliques du chat, la boîte de Benco, le cake aux pruneaux et aucun autre instrument directionnel que la page de carnet avec l'itinéraire de Papa scotchée sur le tableau de bord et la carte Michelin entre les mains de Maman - prômue au rang de co-pilote en dépit du fait qu'elle pouvait perdre sa bagnole sur le parking de Leclerc... Sans tomber dans la nostalgie, on peut dire que les vacances chez les D. avait un pur goût de Rock n'roll (même après que Papa ait décrété que les cassettes de David Bowie n'approcheraient plus l'auto-radio à moins de deux mètres - puisque mon pilote de Papa n'aimait pas qu'on baragouine en anglais dans le poste... Si il avait sû à l'époque que sa dernière allait finir chez les Rosbeef !). J'avoue en garder un excellent souvenir et encore admirer mes parents pour leur bravoure.

Puisqu'il était donc à l'époque exclus de "Googler" quoi que ce soit sur la destination, aussi se rendait-on sur les lieux de villégiature dûment repérés sur les brochures prêtées par les voisins, la fleur au fusil (et c'était parfois au propre autant qu'au figuré après 12 heures de Balavoine en boucle - il nous arrivait souvent d'oublier d'emmener plusieurs cassettes de rechange)... C'est certainement pour ça qu'au final, il nous est arrivé plus d'une fois de passer des vacances mémorables - et pas parce que le soleil était au rendez-vous ou que l'on avait rencontré des gens sympa... Je dirai même que c'était plutôt le contraire... Ce sont souvent les vacances les plus pourries qu'on se remémore avec le plus d'hilarité aujourd'hui - même si ces vacances remontent à plus de 20 ans (aïe !).

Bref, pour en revenir à ce joli verbe de "Googler" (à quand un "Google-maper" ?), force est de constater qu'il nous offre la possibilité d'exprimer la prévision maniaque et à la seconde près ce que l'on va faire de son temps à un moment de l'année où ce dernier ne devrait plus compter... Et pour moi la première. Tous les outils nous sont offerts pour passer des vacances inoubliables et surtout sans accrocs. (Ceci dit, j'arrive encore à me faire des frayeurs en me faisant piquer par un frelon sur les versants de l'Etna - résultat : piqûre à la cortisone et 24 heures de sommeil d'affilé ! Vive les vacances !). Mais comme tout nouveau verbe qui se respecte, mon esprit tordu ne peut s'empêcher de questionner sa pérennité (je pense que celui sus-cité a de beaux jours devant lui) et surtout son emploi conjugué... En particulier pour la forme fascinante que constitue le subjonctif passé deuxième forme (aussi appelé subjonctif imparfait) que tous les étrangers nous envient...

" Il eût fally Simon-Charles que je googlâsse notre destination avant notre départ...

- Que vous googlâtes ? Mais bien évidemment très chère !"

Maison

* Et alors que je m'impatiente de quitter mes pénates pour des vacances au soleil, une photo de ma maison... Et oui, les joies de GoogleMap !

" Etre en vacances c'est n'avoir rien à faire et avoir toute la journée pour le faire. " - Robert Orben